Vendredi 29 mai 2009
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18:31
A 10 h, je flane dans les rues calmes de la vieille ville. Le spectacle devient tres drole quand on arrive au bureau des pelerins ou s agglutine une foule compacte de
godillots et sacs a dos. La ville de Santiago est un theatre a ciel ouvert et je m amuse beaucoup a prendre des cliches de cette faune bigarree.
Je decide de ne pas faire comme tout le monde pour me rendre a la messe des pelerins a midi. Un petit tour d abord a l institut de beaute pour une epilation mi jambe, maillot et aisselles a 15
euros ( les femmes apprecieront ), puis j achete une petite robe d ete chez Sisley a 30 euros ( les femmes apprecieront encore ), Puis, des petites sandales. C est donc toute " fresquita" comme me
dit l hoteliere que j entre dans la cathedrale deja bondee. Je passe telle une deesse evanescente au mileu des pouilleux et me marre de voir que certains qui sont arrives comme moi la veille ont
tellement peur d etre pris pour des touristes qu ils ont amene leur baton et porte la coquille sur eux.
Je me fais une petite place dans l allee transversale a cote de 3 espagnols qui viennent d arriver et semblent epuises. Je me rends compte en entendant la liste de toutes les provenances que parmi
les 300 pelerins qui assistent a la messe, je suis celle qui a effectue le plus de km ! Pas peu fiere la fille !
La ceremonie commence mal. Un allemand vient faire un petit speech dans sa langue. Je pense que ce n est plus le camino frances mais le camino allemane.
Mais, les choses vont radicalement changer. Je suis d abord emue par le chant de la soeur qui anime la messe. Puis, agreablement surprise par les propos tenus par le pretre.
Mais, last but not least, je sens une certaine effervescence dans la cathedrale; Je pense que nous sommes au moins 2000. Au pied d un pilier, des hommes detachent une corde et je realise alors que
je vais avoir la chance d assister au balancement du Botafumeiro, alors qu il n est utilise que pour les grandes occasions. Comme me dira Francisco croise a la fin de la messe, " c est parce
que nous etions la ".
Je ne peux vous decrire l emotion que j ai ressentie. A vrai dire, j en ai pleure de joie d autant que le hasard a voulu que je sois a la meilleure place, c est a dire sous la trajectoire de l
encensoir. Et non Eric, je n ai pas eu peur de ce vol planne au dessus de ma tete. C etait au contraire comme une sorte de purification. Bref, un peu complique a expliquer. Mais, je rassure tout le
monde, je ne suis pas pour autant devenue une grenouille de benitier.
Voila ! Ainsi s acheve ce periple de pres de 1700 km. Je ne regrette rien et suis desormais contente d avoir emprunte une autre voie. Comment vais je revenir Christine ? Je ne le sais pas car
desormais, c est surement aujourd hui que le chemin commence. Mais, la verite est la suivante. Je voulais faire un regime. Renseignements pris aupres de la balance d une pharmacie, 8 kilos de
perdus. Pari reussi !
L heure comme il se doit dans les grandes aventures est venue de remercier tous ceux qui m ont accompagnee dans ce voyage. Mes soeurs Flo et Maya. Flo qui a ete la seule a avoir eu le courage
d arpenter le bitume pendant 2 jours et ce n est pas rien. Maya qui m a accompagnee musicalement au rythme des batucadas.
Je remercie joel d avoir toujours ete present ici sur ce blog en lancant quelques note d humour toujours bienvenues.
Jacques un fidele de fidele et pourtant, nous nous connaissons si peu.
Yves bien sur, mon ami de 28 ans. Une amitie fidele qui nous suivra toute notre vie je le sais.
Francoise et jacques qui me connaissent depuis toute petite et sur qui j ai toujours pu compter. Merci d avoir recueilli mon courrier, de vous etre occupes de la maison, d avoir receptionne mon
colis. Tout ca est source de grand reconfort. Merci encore de m avoir conduite au Puy. J ai une tres belle photo de vous deux le jour de l anniversaire de votre mariage sur un col enneige pres du
Mont Lozere.
Cher Eric, si secret, si pudique. Tu as suivi mon voyage via google earth demontrant ainsi ton interet. Tu as ete mon satellite protecteur amigo. Et pendant que je ruminais dans mon coin un
jour du cote de Ribadeo, toi, tu as joue le genial ebeniste. Pardon mysterieux ami !
Philippe de l aviron qui m a fait bien peur avant de partir en parlant d un pretre qui faisait des messes sur le chemin. Mais, le chemin a ete bien autre chose qu un pelerinage
catholique.
Je remercie Jean Francois. On se connait si peu et pourtant, tu as ete la pour m encourager quand il le fallait au bon moment comme si tu avais un 6eme sens.
Christine toujours presente. Notre vie professionnelle nous a eloignees l une de l autre mais ne nous separera pas.
Bernard qui sait toujours trouver les mots justes. Froid comme un escargot dis tu de toi ? Mais une chaleur interieure tres salvatrice.
Je sais que beaucoup m ont suivie sans laisser de messages. Merci a eux d avoir porte de l interet a un voyage banal et personnel qui ne merite pas autant d attention. Je pense aux collegues de
travail que je salue bien et a tous mes amis proches ou lointains.
A tous les pelerins que j ai croises, merci, un grand merci de votre patience alors que j etais si difficile a comprendre a cause de mes problemes d articulation de la machoire. Mais, attention,
des que je serai guerie, vous devrez supporter mes bavardages incessants. Je ne vous cite pas tous, vous etes si nombreux. Ma pochette est remplie de petits papiers surlesquels sont inscrits
adresses et mail. Merci donc a :
Sacha le suisse, Boris et France du Quebec, Yap de Hollande, Christian le forgeron du canal du midi, Francois d Albi, Marie noelle de je ne sais plus ou, Gaby et Danielle de Montpellier, Dave et
ses 3 amies de Vancouver, François et ses bons petits plats, Philippe et Yann de Paris et le sud, Hugues du Luxembourg, Jean marie de Vendome, Michel de Cornillon, Francisco le garde forestier,
Juero de Barcelonne, Francisco le pompier, Norbert bien sur du 93, sergo de Castillo de Roma, Isabelle et Bruno les chtis de Maubeuge qui ne sont pas chtis et ce jeune pelerin qui m offert des
fleurs cueillies sur le chemin quelques km avant d arriver a Santiago.
Enfin, last but not least, je remercie ma meilleure amie Valerie qui luttait contre la maladie pendant que moi je faisais l andouille sur la route. Tellement desolee de ne pas avoir ete a tes cotes
pendant toute cette souffrance.J ai eu une pensee pour toi dans la cathedrale. Est ce que ca compte ? Oui, surement.
Et puis pendant que j y suis je remercie mes pieds qui ont souvent fait la gueule mais ont supporte ce que je leur ai fait endurer. Mes chaussures dont je taierai la marque parce que bon, faut pas
pousser quand meme.
Pourquoi j ai fait ce chemin ? Je n ai pas la reponse mais tout ce que je sais, c est que je comprends desormais pourquoi certains y retournent.
Par Miarka
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Vendredi 29 mai 2009
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18:07
Je quitte le gite tres tot. L excitation de l arrivee mais aussi, il faut bien le dire parce que j ai mal dormi dans ce gite bonde de pelerins. Je traverse dans la
penombre un bois d eucalyptus dans un concert de piafs et les hululements d un hibou qui fait des exces de zele. L instant est magique, la suite un peu moins. L arrivee sur Santiago est penible. 4
km de boulevards interminables en plein caniard. Je ne ressens aucune emotions quand j entre dans la cathedrale alors que la messe des pelerins debute. Qu une envie, faire dodo. Au bout de 5
minutes, je m en vais a la recherche d un hotel. Apres quelques frayeurs car les 2 hotels ou je vais sont complets, je touve enfin un hotel sympa avec grande chambre et terrasse s il vous plait.
Apres 3 heures de sieste, je me decide a me rendre au bureau des pelerins pour recuperer ma precieuse compostella, preuve que j ai fait le chemin. L ambiance est plutot bon enfant. Les hotesses,
elles, ont l air fatigue et blase. On peut le comprendre avec toute cette faune qu elles voient sans compter les odeurs corporelles qu elles se tapent.
En sortant, je croise Francisco et sa femme. Francisco que j avais rencontre la veille sur le chemin et qui le soir m avait invitee a boire une biere. Francisco est pompier, chef du service de
prevention et de securite de l usine chimique BASF a Tarragone pres de Barcelonne. Usine qui emploie 1500 personnes. Il a fait un chemin beaucoup plus cool que moi. 6 jours en s arretant dans des
tres bons hotels. Je le retrouve donc avec a son bras son epouse tres espagnole, c est a dire maquillee a la truelle. Photos, echange d adresse et bye bye.
Puis, je croise Sergo, l italien de Castillo de Roma avec qui j ai marche 1 heure 2 jours auparavant. Il a l air perdu et semble deja vouloir repartir sur le chemin vers le cap Finisterre.
Pour ma part, j apprecie l ambiance estivale, les filles en petites robes legeres, les mecs ray ban au nez se prelassant sur les terrasses de cafe a l heure ou le soleil commence a etre moins
cuisant. Santiago et ses ruelles ombragees et ses petites places et une ville qui me plait. Le soir, je me couche en regardant le direct a la tele sur la grande fiesta organisee au stade de
Barcelonne pour feter ses heros. Le Barca a remporte la veille la coupe d Europe. Pour la premiere fois de son histoire, le mythiqe club remporte cette annee les 3 coupes, national, la copa del Rey
et l europe. Je m amuse a ecouter Thierry Henry parler en espagnol et je frissonne d emotion devant la ferveur des supporters catalans.
Par Miarka
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Mercredi 27 mai 2009
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15:08
Je suis a 20 km de l arrivee. Je n arrive pas tellement a realiser que demain, je serai dans la cathedrale de Santiago ( au fait, St jacques de compostelle pour les
espagnols ). Ce matin, j ai laisse partir Norbert qui veut etre a st jacques ce soir. Nous convenons de nous revoir samedi soir a Muxia.
Il fait un temps radieux. Le chemin qui traverse la campagne gallicienne est tres agreable. Ombrage entre paturage et bois d Eucalyptus. Avec le soleil, ca piaille de partout y compris sur le
chemin car, ca y est, c est le flot continue de pelerins. Je ne sais pas si je me fais doubler par 600 personnes ou si ce sont 300 personnes que je vois 2 fois ou 200 personnes que je vois 3
fois.
Il est clair que je ne pas fait le meme chemin qu eux. Il y a les allemands tout de propre vetus, chaussures impeccables, brushing pour les femmes et marchant bruyamment avec leurs 2 batons. Il y a
les espagnols avec tenue legere pour les femmes, petit sac a dos du dimanche, bref la promenade et il y a moi avec mon gros sac a dos crasseux, mes chaussures en lambeaux et la peau tannee par la
route et la poussiere car pour le soleil, on repassera.
Je trouve tout cela tres cocasse et prends beaucoup de photos de cette longue chenille processionnaire. J ai l impression d etre dans le film " Rencontres du 3eme type" avec les gens attires comme
des lapins dans un phare par une montagne.
Je discute et marche pendant un moment avec Francisco ( un autre ) de Tarragone puis j arrive a 13 h au gite. Et j ai bien fait de ne pas trop trainer. A present, il est complet. Musique et meme
une fontaine dans le dortoir, On croit rever. Pas de doute, je n ai pas fait le meme chemin qu eux. Et ma foi, je ne suis pas peu fiere d etre sortie des sentiers battus.
Par Miarka
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Mardi 26 mai 2009
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17:14
Ca y est ! Je suis arrivee a la jonction avec le camino frances. Je suis a 40 km de Santiago. C est surprenant mais le gite prive ou je suis est plutot calme alors
que je m attendais a une foule compacte. C est enfin un gite agreable, chaleureux, fonctionnel. Pour la premiere fois, Norbert et moi, nous nous faisons une machine a laver et oh miracle, le
soleil est revenu. Il fait meme presque chaud. Nous avons quitte Isabelle et Bruno qui ont pris du retard et vont prendre le bus pour se rapprocher de Santiago. Bruno qui travaille chez Renault a
Maubeuge doit reprendre le boulot la semaine prochaine. Nous nous echangeons nos mails.
Je vous ecris du refuge pendant que Norbert fait la sieste et que notre linge seche dans le seche linge. La cuisine est impeccable. Ce soir, je nous mitonne des courgettes au curry. Des legumes,
le bonheur quoi. Une chose est sure, depuis Ribadeo, le chemin a completement change pour moi. Peut etre parce que j ai croise enfin d autres pelerins que des papys baroudeurs ou des allemands
!
Norbert s est reveille. Nous partons faire des courses dans la petite ville. Auparavant, une petite biere sur la place principale. Tres drole. Au coeur de la place,
les terrasses de cafe remplies de pelerins. Sur les cotes assis sur des bancs, les vieux du village qui causent entre eux tout en jetant un coup d oeil sur chaque arrivee de pelerin. J ai l
impression d etre a Kho San Road a Bangkok, La rue des routards. Tous ces pelerins avec leurs godillots aux pieds et leurs sacs a dos.
Le soir, nous nous offrons notre premier repas fait maison sur la terrasse du refuge pour pelerins. Un petit air de vacances, enfin, apres toute cette pluie. Je suis tres agacee par un couple d
allemands qui utilisent 8 pinces a linge pour faire secher une chemise ! Norbert me dit de laisser tonber. Apres le repas, refou rire. Il me dit qu avec le repas qu on a fait, j aurai tellement
de tonus que je suis capable de passer a Santiago sans m arreter et sans voir la cathedrale.
Par Miarka
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Mardi 26 mai 2009
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17:06
Le chemin est sur les premiers km grandiose. Il traverse une lande avec des bruyeres, du genet et le granit qui affleure le sol. Ambiance Highlander assure d autant
que, oh incroyable, il pleut des cordes. Et ce sera pour toute la journee. Une etape de 24 km qui du coup devient eprouvante car elle se finit sur une departementale puis sur un chemin plein de
boue.
En arrivant au monastere de Sobredo, je vois 23 tetes passer dessus la mezzanine " alors, t as sorti les palmes ? " Attendez, j ote les poissons de mes chaussures je reponds.
Le monastere est magnifique. Ancienne ruine, il a ete restaure mais il est a l interieur vert de moisissure ( a mon avis, c est un pays ou il pleut beaucoup ). Il possede 2 cloitres et est tenu par
des Cisterciens. Le moine qui fait l accueil comme d habitude n est guere sympatique mais comme cette fois ci, il y a ma petite bande. cela nous fait bien rire. Comme quoi, des qu on est plus
seule, on voit les choses differemment.
Fou rire le soir en se couchant. Norbert pour faire en sorte que Isabelle et Bruno puisse dormir devisse les ampoules des plafonniers au dessus de nous. A ce moment la, la moine cerbere arrive a la
mezzanine. Tel un collegien pris la main dans le sac, Norbert se cache derrierre le lit. Ouf, le cerbere ne l a pas vu. Et moi, je me planque dans mon duvet pour etouffer le fou rire. Vraiment
l impression d etre au pensionnat. J oublie une chose. Le refuge desormais s est rempli. Au moins une trentaine de personnes. Beaucoup viennent notamment du camino primitif ou ont fait 2 etapes en
1. On sent que Santiago n est plus loin.
Par Miarka
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