Mardi 26 mai 2009
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17:01
Petite etape de 15 km. Comme d habitude, j arrive la derniere. Le refuge est tres chaleureux. Enfin une vraie cuisine avec de vrais ustensiles. Un bon poele a bois
chauffe car dehors, vous vous en doutez, il pleut. L accueil est assure par 2 charmantes benevoles anglaises. Le refuge appartient a la confraternity st James. Du coup, tout ca est tres cosy et
ma foi, c est bien agreable. Je concocte pour Norbert et moi un riz avec oignons et epices qui embaume la maison et nous mangeons avec Isabelle et Bruno qui ont eux meme deja mange. Les 2
allemandes, comme d habitude font bande a part. Nous arrivons meme a les enerver le soir car nous faisons apparemment trop de bruit. Il est 20 h. Elles sont au lit deja depuis 1 heure !
Par Miarka
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Mardi 26 mai 2009
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16:54
Le chemin se poursuit parallele a la nationale sur des mignones petites routes secondaires. Je croise Norbert sur un banc. Il s etait endormi pour une sieste. C est
bien la premiere fois que j arrive a depasser quelqu un. Car, il faut le reconnaitre, je suis toujours la derniere arrivee. Nous faisons un petit bout de chemin ensemble avant d arriver dans le
petit village de Baamonde. Le refuge est joli mais la cuisine lamentable. Je me rejouissais de faire un repas mais avec une pauvre poele cabossee, pas d huile. aucun condiment et 2 pauvres
plaques chauffantes minable, il faut faire preuve de beaucoup d imagination. Lorenzo et Juero ont apparemment poursuivit leur chemin. Il reste Francisco, l ancien marin devenu garde forestier
dans les Asturies. Nous allons boire un verre tous les 3 mais cette fois ci, je ne reste pas manger. Je suis un peu agacee par le cote macho de Francisco qui semble un peu prendre les femmes pour
des demeurees du genre Tais toi et reste a la cuisine. Du coup, Norbert me rejoint et nous dinons simplement dans le refuge avec Isabelle et Bruno qui ont installe un camping gaz sur la table a
manger.
En se couchant, Norbert est estomaque par mon enorme trousse de toilette " C est sur, t en n a pas assez bave. Sinon, tu aurais deja tout balance ":
Par Miarka
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Mardi 26 mai 2009
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16:44
C est une tres belle journee ensoleillee apres la pluie de la veille car oui, au fait, hier au programme pluie et brouillard. Je croise a un moment le chantier de l
autoroute, frele petite pelerine au milieu des enormes engins. Et la, tous ces monstres mecaniques charriant des tonnes de remblais passe un bras a la fenetre et me font des grands bonjour. Un
tracto pelle arrete meme sa machine pour me montrer le chemin qui a on s en doute quelque peu devie depuis le debut du chantier.
Le chemin est desormais souvent borde de grandes pierres plates en granit. Ambiance celtique assuree. Je suis sure de rencontrer un druide derrier un chene. Le paysage est vallonne, rural. Moutons
et vaches. Tres campagne anglaise. On croise parfois de magnifiques chenes centenaires au pied desquels se trouvent parfois un calvaire. La nationale n est pas loin, on l entend mais le
paysage m emeut tellement qu on s en fiche.
J arrive au refuge. Un grand bloc de beton moderne situe en pleine zone industrielle. Pas tres chaleureux mais toujours neuf et fonctionnel. Je retrouve notre petit quintet ainsi qu un couple de
francais, Isabelle et Bruno qui font le chemin par etape et viennent cette fois ci d Oviedo.
Notre quintet se rend au resto d a cote ou nous degustons enfin une soupe a destination du parfait petit randonneur. Haricots blancs, choux, patate. De quoi faire des kilometres le
lendemain.
Par Miarka
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Mardi 26 mai 2009
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16:30
Le chemin decidement depuis Ribadeo est vraiment devenu Le Camino. En montant sur la petite route de campagne, on passe devant de nombreux calvaires tout simple en
granit. De quoi me rappeler l Aubrac. De quoi surtout apporter a nouveau une petite touche mystique qui, il faut bien le dire, me manquait depuis que j ai decouvert qu en Espagne les eglises
etaient fermees en dehors de la sacro sainte messe.
Le paysage me rappelle un peu le plateau des mille vache. Tres verdoyant et surtout, toujours autant d Eucalyptus. Que font ils avec tous ces Eucalyptus ? Mystere et boule de gomme. Je suis sure
que l Espagne est le premier producteur europeen de cette variete. Je marche sur une route secondaire pour une fois tres agreable. Je ne croiserai que le facteur et 2 ou 3 tracteurs.
J arrive au refuge pour pelerins de Gontan juste avec Baldin ( a ne pas confondre avec Gondan ). Un refuge tout neuf, impersonnel mais fonctionnel et c est bien la le principal. Attable en train de
manger, un papy baroudeur probablement allemand. Ah tiens, non: Lorenzo est italien. Puis je verrai dans le refuge Juero de Barcelonne. Puis Francisco de Santender et enfin Norbert un francais qui
s exclame en me voyant " une francaise, ca existe sur le camino norte ? ". Il y a aussi mes 2 allemandes qui se mettent au lit a 20 h quand nous decidons d aller diner au seul resto du coin dans ce
petit hameau. Je passe ma premiere soiree chaleureuse et conviviale depuis Pampelune. Nous formons un sympatique petit quintet tres auberge espagnole. Norbert ne parle pas un mot d espagnol.
Lorenzo melange italien et espagnol. Juero parle un peu francais et moi, je parle espagnol comme une vache espagnole !
Nous rions beaucoup quand Lorenzo nous parle de Napoleon sans en dire beaucoup de bien, enfin, on n a pas tout compris. Norbert lui fait alors remarquer que notre president a pique a l Italie une
de ses plus belles femmes.
La soiree se finit au comptoir ou la patronne qui a vecu 30 ans a Geneve nous fait gouter tous ses marcs. Pompette, je regagne avec les autres le refuge sur la pointe des pieds pour ne pas
reveiller les 2 allemandes.
Par Miarka
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Mercredi 20 mai 2009
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16:57
J ai bien dormi et me sens en meilleure forme. A Lourenza, je deguste un cafe con leche avec des churros. L etape d aujourd hui sera courte ( 18 km ). Parfait pour me
requinquer. Il fait toujours aussi beau et je traverse un paysage tres rural avec de nombreux hameaux aux toits de lauze. Les horreos ( greniers a ble ) ont radicalement change depuis que j ai
atteind la Gallice. Ce sont des longues pieces surelevees par deux poteaux en pierre qui peuvent parfois etre tres hauts. Il y en a partout. Les Galliciens comme les Asturiens sont tres fiers
visiblement de leurs horreos.
Je reprends du poil de la bete ( probablement l effet des churros ). Il faut reconnaitre aussi que depuis que je suis en Gallice, le chemin est bien balise. Tres regulierement, on trouve des bornes
avec un decompte des km jusqu a Santiago. Je suis a 161 km du but final ! De temps en temps, on trouve des panneaux de bienvenue aux pelerins. Mine de rien, cela fait plaisir. Enfin j ai l
impression d etre respectee en tant que pelerine sans etre la routarde crasseuse qui longe la nationale dans l indifference generale.
Dans un petit hameau, mon attention est attiree par la cloche d une chapelle qui tinte regulierement. A l entree, un homme visiblement le simplet du village a une corde a la main. C est lui qui
fait sonner la cloche toutes les minutes. L interieur de la chapelle est simple. Sans grand interêt. Je suis fascinee par le côte morbide du mannequin dans une vitrine a côte de l autel. Une femme
habillee tout en noir et voile avec un chapelet a la main. Scene surrealiste. J ai l impression dans ce petit hameau hors du temps d etre dans un monde parallele.
Je comprendrai un quart d heure plus tard en decouvrant un faire part sur un poteau electrique qu a la cinquo de la tarde, on enterrera Doña Maria decedee a l age de 92 ans. Mon simplet etait
charge de sonner le glas.
Je descends a Mondañedo, une petite ville de caractere avec ses petites rues pavees en pente, sa cathedrale gothique du 13eme siecle que je visiterai tout a l heure au moment de la messe de 19 h,
seul moment ou l on peut voir les eglises.
Je retrouve mes 2 allemandes de Hambourg au refuge bien propre et agreable. Cela change des gymnases ou l on croirait etre refugie du Kosovo. Bref, vous l avez compris, du soleil, un meilleur
accueil et le retour des petits sentiers loin des routes remettent du baume au coeur. Je pense arriver a Santiago jeudi prochain, autant dire demain !
Par Miarka
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